ARCHÉOLOGIE

 

 

 

 

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REVUE N° 165 

décembre 2016

 

 

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L'ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE
 

LA PRÉHISTOIRE ET LA PROTOHISTOIRE

 

      Trois articles seulement abordent ce sujet entre 1925 et 1928 ; l'activité de la société en Préhistoire ne prendra son véritable essor qu'au début des années 50 sous l'impulsion de l'amateur passionné qu'était Henri Parriat.
 
 

* DE CHASSEY AU VAL DES MERVEILLES

      Des fouilles systématiques furent menées à bien, soit sur des sites de grande renommée comme le camp de Chassey, soit sur des sites d'importance plus modeste comme la grotte de Souhait à Montagnieu ou celle du Mopart à Saint-Benoît. Des récoltes de pierres polies et de silex taillés furent effectuées à la surface des champs cultivés, des gravures répertoriées et classées(site du Val des Merveilles dans les Alpes de Tende), des collections décrites et étudiées. La faune préhistorique ne fut pas négligée non plus (Grotte de la Mère-Grand à Rully)… Tous ces travaux, portant sur une période extrêmement étendue, firent l'objet de nombreux articles de qualité publiés régulièrement dans le bulletin entre 1951 et 1975. Si H. Parriat assura l'essentiel du travail au cours de ces 24 années, il bénéficia de l'aide de collaborateurs compétents et dynamiques comme, entre autres, R. Perraud, M. Bonnefoy ou le regretté R Laugrand. D'autres auteurs extérieurs à la Société, publièrent également quelques articles: R. Horiot, P. Abauzit sont de ceux-là. Parmi les premiers assistants d'H. Parriat, l'un d'eux, R. Desbrosse, devint un éminent spécialiste du Paléolithique supérieur. Saluons également le talent de collaborateurs modestes et efficaces qui surent mettre au service de la science préhistorique leur don de dessinateur. Les dessins de Melle Krzepkowska sont un modèle du genre.

* LE MÉGALITHISME tailleur

      Après 1975, le rythme des recherches en Préhistoire s'est quelque peu ralenti. Mais les prospections de surface ont repris, et quelques sondages ponctuels au pied des menhirs sont parfois réalisés. De nouveaux chercheurs prennent la relève et rédigent certains articles parus dans notre revue. La magistrale étude de Louis Lagrost sur le mégalithisme bourguignon, récemment publiée par notre association, en constitue le témoignage le plus probant.
 
 
      Les découvertes fortuites d'objets ou de sites gallo-romains, abondants dans notre région, ont toujours été signalées dans les pages de notre revue, le plus souvent sous forme de notes archéologiques, parfois d'articles plus étoffés. En 1953, un style nouveau apparaît : H. Parriat signe le premier compte-rendu de fouilles. Une véritable équipe de chercheurs se constitue. Plus ou moins régulièrement renouvelée, elle apporte un dynamisme nouveau à la Société en multipliant les campagnes de recherche sur le terrain. Et c'est ainsi que progressivement les travaux de La Physiophile ont fait autorité en la matière. L'affinement des connaissances et des techniques d'investigation a conduit à une spécialisation de plus en plus poussée. En étroite relation avec le Ministère de la Culture et les différents laboratoires du C.N.R.S., l'équipe des romanistes a su s'adapter et a continué ses travaux de terrain jusqu'en 1992, date à partir de laquelle nos fouilleurs ont commencé à dénoncer l'extermination programmée de l'archéologie de proximité. Et quand la fréquence des comptes-rendus diminuait dans les pages de la revue, c'est que la portée scientifique de nos résultats devenait si grande qu'ils nécessitaient une diffusion à l'échelon international de la communauté archéologique.
 
* HABITATS ET TOMBES
      Parmi les fouilles gallo-romaines les plus mémorables, on peut citer celles de la villa de Villerest, près de Cluny, ou de la bourgade rurale du Portus à Collonges-en-Charollais (dont on peut avoir un aperçu au "Grenier à Sel" à Mont-Saint-Vincent). Beaucoup plus rares sont les nécropoles ! Nombreux sont cependant les montcelliens qui ont fait leurs classes archéologiques sur les tombes et les incinérations de Briord (Ain), en fréquentant chaque année au mois d'août un camp bien sympathique.
 
* LES POTIERS DE GUEUGNON
      Mais en céramologie gallo-romaine, la palme revient sans conteste à l'atelier de Gueugnon qui, grâce à une fouille inscrite au programme H.14 du C.N.R.S. et à une collaboration avec notre société consoeur gueugnonnaise "Les Amis du Dardon", a livré chaque année, de 1966 à 1992, ses richesses enfouies. Une soixantaine de fours de potiers ont été détectés et fouillés. Ils servaient à cuire des amphores et des cruches au Ier siècle, puis de la céramique à glaçure rouge ornée, la sigillée, ainsi que des figurines en terre blanche aux IIe et IIIe siècles. Un four à tubulures unique en son genre, a servi de modèle pour procéder, en 1998, à une cuisson expérimentale à l'archéodrome de Beaune. Des vases fabriqués à Gueugnon ont été retrouvés jusqu'en Angleterre ou en Suisse. La céramique -et particulièrement la sigillée- constitue pour l'archéologue l'un des meilleurs fossiles chronologiques : on comprend aisément dans ces conditions, l'intérêt que peut présenter l'étude d'un tel centre producteur, surtout quand il s'agit du plus important de Bourgogne ! Il faut enfin savoir que de nombreux objets issus de ces fouilles sont exposés au Musée de la céramique à Digoin, ainsi qu'au tout nouveau Musée du Patrimoine Gueugnonnais à Chazé (Gueugnon).
 
* LES FIGURINES DE BOURBON-LANCY
      En 1986, une fouille de sauvetage intensive a été conduite à Bourbon-Lancy, où des restes d'un centre de fabrication mais surtout de création de figurines en terre blanche du Ier siècle, plus grandes que celles de Gueugnon, ont été exhumés. Leur étude, publiée dans le n° 25 des D.A.F. (Documents d'Archéologie Française) permet d'appréhender certains aspects jusqu'à présent ignorés de la vie des gallo-romains, par exemple les preuves d'une exportation des figurines de Bourbon jusqu'en Rhétie. Les découvertes sont maintenant exposées au musée de site du Plan d'eau à Bourbon.
 
LE HAUT MOYEN-ÂGE
 
      La connaissance que nous avons de la période dite des grandes invasions (Ve-VIIe s) repose sur nombre de préjugés tout droit sortis de l'imagerie traditionnelle du XIXe siècle où l'on voit de sanguinaires barbares asservir des gallo-romains raffinés et décadents. La réalité est tout autre puisque la victoire des Francs est surtout due, sans négliger pour autant leur valeur militaire, à leur faculté à composer avec les groupes les plus dynamiques et influents (évêques notamment) de la société gallo-romaine finissante.
* LES NÉCROPOLEScrane
      L'archéologie historique du Haut-Moyen-Age est essentiellement basée sur la fouille des nécropoles (les vestiges d'habitations surtout faites de bois et de terre sont rares et difficiles à mettre en évidence). Parmi les sites étudiés par La Physiophile, citons les cimetières de Briord (Laugrand, Parriat, Perraud), St-Clément-sur-Guye (Gaillard de Sémainville, Parriat). La nécropole d'Argilly en Côte d'Or (Chopelain, Gaillard de Sémainville, Maerten), a livré 230 tombes, toutes orientées Est-Ouest et sommairement aménagées (entourage de pierres) ; la nécropole est implantée sur les ruines d'une villa gallo-romaine (l'une des plus vastes de Bourgogne) et en a utilisé certains éléments (sol en béton et murs). L'inhumation habillée (vêtements et parures : fibules, plaques-boucles) est couramment pratiquée ainsi que le dépôt funéraire (vase aux pieds essentiellement).
 
* LES ÉTUDES ANTHROPOLOGIQUES
      Outre l'étude des objets à des fins chronologiques, stylistiques et technologiques un autre aspect essentiel des recherches repose sur l'étude des ossements (laboratoire d'Anthropologie de la Faculté de médecine de Caen : Professeur Dastugue) qui permet d'apporter une moisson de renseignements d'un grand intérêt : âge et sexe, groupes familiaux et ethniques, pathologie et maladies de l'époque. Datée dans l'état des recherches de la fin VIe - fin VIIe s, cette nécropole mérovingienne, une des plus importantes fouillées en Bourgogne aujourd'hui enrichit donc, chaque année, la connaissance que nous avons de la civilisation du Haut-Moyen Age dans notre région. Signalons aussi dans ce domaine, les recherches de notre ami le Dr J. Clère.
 

L'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE

* LA SOCIÉTÉ RURALE

      L'archéologie médiévale est une discipline récente qui permet de compléter l'histoire de l'habitat et de l'occupation du sol déjà mentionnée dans les archives, par des données nouvelles obtenues à partir de recherches proprement archéologiques.
* LA CASTELLOLOGIEcastel
      Dans notre région, l'étude des sites défensifs a été abordée à l'occasion de fouilles de sauvetage. Trop souvent en effet les mottes, maisons fortes et châteaux de pierres sont victimes des travaux d'aménagement du territoire ou d'actes de pur vandalisme. Nombreux, par le passé, ont été les sites castraux partiellement ou entièrement détruits. Il suffira de citer ici le cas des châteaux ducaux de Montcenis et de Sanvignes dont les restes architecturaux ainsi que les niveaux archéologiques ont été presque complètement détruits par l'extraction du grès. La culture matérielle a été parfois représentée par quelques épaves plus ou moins spectaculaires récupérées lors du démantèlement de ces demeures seigneuriales.
 
* LES OBJETS MOBILIERS
      Nous possédons ainsi quelques objets mobiliers, tels ces carreaux décorés, produits en partie dans les tuileries médiévales de Montcenis ; mais nos informations s'arrêtent trop fréquemment à ces belles pièces muséographiques qui ne nous renseignent presque pas sur la vie quotidienne de la population rurale au Moyen-Age.
 
* NÉCESSITÉ D'UN INVENTAIRE
      Pour ce faire, la première étape a consisté à élaborer l'inventaire des sites. Les mottes et maisons fortes ont ainsi fait l'objet de répertoires aussi exhaustifs que possible. L'enquête,qui se poursuit toujours, a montré l'importance de ce mode de construction sur le territoire charolais. L'inventaire s'est maintenant étendu au Brionnais et au Bourbonnais. Parallèlement, des fouilles malheureusement trop restreintes et hâtives ont été réalisées localement à l'emplacement de trois châteaux de pierre : Montchâtel à Marly-sur-Arroux, Suin et Uchon, ainsi que sur une motte à Savigny, lieudit de Blanzy. Les informations tirées de ces recherches sont d'inégales valeurs mais toutes ont constitué une première approche de la connaissance directe de la culture matérielle.
 
* LA CÉRAMIQUE
      La céramique a ainsi pu être mieux cernée dans sa spécificité fonctionnelle et chronologique. Par sa présence systématique sur tous les sites d'habitats, elle permet d'entreprendre des études économiques sur sa production et sa diffusion. Sa réalité technologique est mieux perçue par des recherches sur l'origine des argiles, les évolutions au sein d'un même site producteur. L'avenir reste donc ouvert aux travaux historiques sur la société rurale au Moyen-Age, mais paraît beaucoup plus fermé aux travaux archéologiques.
      Pour compléter son information, l'amateur aura la possibilité d'admirer certains objets archéologiques étudiés par notre association en se rendant au petit musée du Grenier à sel au Mont-Saint-Vincent. Aménagé et suivi scientifiquement par les spécialistes de la Physiophile, il est dorénavant géré par l'association Passion-Patrimoine du village.